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C'était une galerie naturelle en pente douce, ils marchaient depuis plusieurs heures quand ils tombèrent sur une première bifurcation. Ils examinèrent les parois et finirent pas trouver toujours les même vielles runes dans celle de droite. Cette fois ci, la galerie était creusée, certainement par des nains. On peut pas dire que la promenade fut difficile, elle était seulement longue, même très longue… Ils commençaient en avoir un peu marre, et l'enthousiasme du début semblait retomber comme un vieux soufflet.
"va bientôt même pas nous rester un morceau de chuf" dit Mhur "Chut ! tais toi j'entends un bruit" "Je crois bien que moi aussi…" "De l'eau ?" "On dirait bien" "Allons voir ça"
Ils débouchèrent dans une vaste caverne, couverte pour moitié par un grand lac. Ils se taisaient émerveillés par le spectacle. Ils se promenèrent un peu partout, puis finir par s'assoir au bord de la grande étendue d'eau. Ils débouchèrent une outre de bière.
"On dirais bien le bout du chemin…" "Pour sûr, je vois pas comment on pourrait passer ce lac." "Y'a qu'a tirer sur le bouchon!" dit en riant Mhur. "l'bouchon ? mais bien sûr l'bouchon!" cria Borodur en se relevant.
Mhur le suivît, se demandant si son ami n'avais pas un peu forcé sur la bière. "Regardes bien " dit Borodur, "tu vois ce roc ? y'a comme un tracé qui en part vers cette goulotte la bas…", reprenant son souffle, "je t'e pari que si ont fais sauter ce roc ça va vider le lac !". L'impétueuse jeunesse ne connaît pas de limites, ils empoignent leurs pioches et attaquent le bouchon… Bientôt sous la pression conjuguée de l'eau et de leur pioches, le roc vola en éclat, le flot d'eau les fit basculer sur le derrière et ils s'étalèrent dans boue. Ils se relevèrent dans un horrible bruit de succion. Devant eux là ou il y avait un lac, il n'y avait plus qu'un champ de boue au fond d'une cuvette de deux ou trois mètres de profondeur. en s'approchant du bord ils virent que la parroie était abrupte, pas du tout en pente douce comme un lac naturel.
"Regardes Mhur, m'est avis que c'est les notre qui ont creusé ce lac." fit remarquer Borodur. "m'est avis qu'on a du faire une sacré bêtise…" répondis Mhur. "Faudrait pas qu'on traîne dans le coin, dés fois que ça ait réveillé nos pères…" "Ouep, on risque de finir pire que dans le boyau où ils nous avaient enfermé…"
Et les voilà, jeunes inconscient, entrain de rassembler leur matériel, tirer une corde jusqu'au bas du lac et patauger dans la boue vers la sortie. A l'autre bout du lac ils se hissèrent tant bien que mal vers l'ouverture d'une nouvelle gallérie. Ils eurent vite fait de trouver les runes maintenant familières qui avaient jusque là guidé leur pas. Le passage se faisait plus étroit, et l'atmosphère plus pesante, plus sombre. Ils en furent réduits à allumer des torches, leur vision nocturne n'y suffisant plus. Ils débouchèrent dans une vaste salle portant de nombreux signes de l'occupation des nains. Des habitats abandonnés, une forge éteinte depuis longtemps, des outils rouillés… Un escalier grimpait vers un long balcon qui faisait le tour de la salle, et là su ce balcon un énorme orifice bloqué par de grandes portes d'acier, un peu d'eau suintait le long des montants. "On sait d'où vient l'eau maintenant, je crois… je me risquerais pas ouvrir ces portes…" dit Mhur. Ils redescendirent à la recherche de leur chemin. Il n'y avait qu'un large passage, bien trop grand pour avoir été taillé par les nains, l'écho de leur voix s'enfonçait profondément, comme si ce tunnel n'avait pas de fin. Ils l'empruntèrent, l'esprit peu tranquille. Alors qu'il avançait les ténèbres semblaient se dissiper, et ils purent avancer sans torches. Bientôt ils distinguèrent la source de cette clarté, une lumière brillait de plus en plus fortement alors qu'ils en approchaient. Ils débouchèrent ébahis dans une vaste salle, les parois étaient couvertes de métaux précieux, assez pour rendre un clan entier plus riche qu'ils ne pouvaient l'imaginer. Les métaux s'enchevêtraient traçant de vastes runes. Ils distinguaient tout au fond une grande tâche noire, qui se révéla, alors qu'ils s'approchaient, une immense statue d'obsidienne noire. Elle représentait une créature démoniaque. "Ca pue la magie!", fit remarquer Borodur, Mhur quand à lui ne pouvait dire un mot, écrasé par le poids de l'atmosphère. Arrivé à une centaine de mètres de la statue, elle se redressa d'un coup, sa voix tonitruante se réverbéra dans toute la salle :" JE SENS UNE PRESENCE !". Passé l'instant de la pétrification totale, Mhur et Borodur prirent leurs jambes à leurs cous et rebroussèrent chemin aussi vite que possible. Larguant sacs, torches et pioches, ils courraient, leurs visages défigurés par la peur et l'effort. Ils courraient depuis un certain temps dans le large couloir quand ils avisèrent un petit passage sur le coté. Ils s'y engouffrèrent, pensant que la créature ne pourrait les y suivre. Ils se retrouvèrent à grimper un long escalier quand ils entendirent à nouveau la voix: "JE SENS VOTRE PRESENCE NAINS ! VOUS AVEZ OUVERT LE LAC, MERCI STUPIDES CREATURES, GRAND MERCI!" Ils se regardèrent affolés, ne sachant que faire descendre, monter? Dans le feu de l'action l'un se mit à monter, l'autre à descendre. Celui qui arriva en bas remonta le couloir vers la vielle ville aussi vite que possible. La gigantesque silhouette d'obsidienne, de ses grands bras était en train de fracasser le passage qui menait au lac. Le nain se précipita vers l'escalier menant au balcon, sortit une pioche et se mit à essayer de rompre la roche où étaient scellés les gonds des grandes portes d'acier. Il pensait sans cesse en jetant de nombreux coups d'oeil à la créature, "ne te retournes pas, ne te retournes pas". Le gond le plus bas céda, la porte s'ouvrit un peu sur le coté, libérant un flot d'eau. Le travail sur l'autre gond placé plus haut était bien plus difficile. L'eau commença à couler du balcon vers la salle du bas, la pente naturelle l'amenait aux pieds de la gigantesque gargouille. Ceux-ci se mirent à fumer au contact de l'eau. Elle se retourna brusquement, et cria "NON !". Elle brandit alors un énorme roc, et le lança en direction du nain entrain de dégonder la porte. Celui-ci sauta en arrière et évita de justesse de se faire aplatir. La créature le bombardait de rocs, tandis qu'il courait d'un bout à l'autre du grand balcon. Finalement, ce fût la créature qui causa sa propre perte quand un roc lancé trop fort atteignit la porte, finissant de la dégonder d'un coup. Un flot immense surgit d'un coup emmenant tout sur son passage, nain et gargouille dans un seul et même élan. Remplissant d'un seul coup la lac puis subitement et mystérieusement se tarissant. Laissant un jeune nain inanimé sur sa berge.
Il me faut vous raconter ce qui arriva à l'autre Darur comme on les nommait. Il continua de monter et arriva sur une large plate-forme supportée pas de fortes chaînes de métal et surplombée d'une large cheminée. Il en était à s'interroger sur le pourquoi du comment quand la gargouille libéra les flots dans sa colère. Le pauvre Darur vit la plate-forme monter d'un coup avec lui dessus , le catapultant en l'air en bout de course. Si il y avait eu un spectateur, il aurait pu voir un nain en train d'essayer d'apprendre à voler, surgissant d'un minuscule îlot au milieu de nulle part et finissant sa course dans les flots, projeté en l'air par la plus gigantesque chasse d'eau jamais imaginée. On raconte qu'au petit matin il s'est réveillé bercé par les flots du rivage de l'île de Trépont. Mais cela est une autre histoire...
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